Home

L’habillement d’une population a toujours été lié à ses événements historiques, politiques et économiques. Un événement tel que la Révolution française a eu des effets non seulement sur ceux qui l’ont vécu en direct et en ont été les protagonistes, mais aussi sur tous ceux qui vivaient en Europe à cette époque : les chroniques du XIXe siècle témoignent qu’au cours du siècle, il était de plus en plus difficile de reconnaître dans les vêtements de la population les différences qui permettaient de distinguer un homme riche d’un citoyen ou d’un artisan. L’idéal d’égalité promu pendant la Révolution française se reflète donc également dans le monde de la mode. Les changements dans l’habillement des hommes et des femmes, par rapport au XVIIIe siècle, sont notables et liés aux nouveaux rôles que les hommes et les femmes occupent dans la société : les hommes du XIXe siècle se consacrent au travail dans les bureaux et les magasins, ils ne mènent plus leur vie dans le salon et doivent donc porter des vêtements simples, pratiques et confortables ; les femmes, en revanche, restent entre les murs du foyer, s’occupent de la gestion du ménage, et commencent à accorder une plus grande importance à leur apparence physique et à leur beauté ; leurs vêtements changent en partie par rapport au siècle précédent, mais la simplification n’interviendra qu’à partir de la fin du XIXe siècle. Les hommes du XIXe siècle ont immédiatement abandonné les tissus brodés et les perruques, la variété et l’éclat des couleurs des étoffes au profit d’une sobriété des costumes ; pour les femmes, en revanche, ce changement s’est opéré très lentement et avec un siècle de retard, lorsqu’elles ont elles aussi été mises au travail pour remplacer leurs maris, occupés au front pendant la Première Guerre mondiale.

La mode au fil du temps

Pour bien comprendre une époque, il suffit de s’attarder sur l’histoire de la mode et des tendances. En constante évolution, la mode se transforme et change d’année en année. Les époques passées sont caractérisées par des modes traditionnelles et des tendances de contre-culture, mais il y a toujours un fil conducteur qui les unit : la société. À partir des années 20, nous verrons une véritable évolution de la pensée et de la culture et comment elles influencent le mode de vie, l’habillement, les coiffures, le maquillage et bien plus encore. Commençons notre voyage dans le temps !

Mode des années 20

Les années 20 sont synonymes de renaissance, de changement. Ce sont les mots clés qui décrivent parfaitement cette époque. La première guerre mondiale venait de se terminer et la société voulait s’imposer et tout prendre en charge. La femme renouvelle sa façon de s’habiller et de paraître, elle veut s’amuser, elle fume, conduit des voitures et se déchaîne dans les salles de danse. Le Charleston était né. La mode du moment est faite de vêtements très élégants, de franges, de perles, de plumes, de paillettes, de tenues flashy et confortables pour bouger librement. Maquillage précis et étudié, coiffures simples, coupes courtes, bobs et franges. Et les chaussures ? Haut, mais confortable pour pouvoir se déchaîner sur la piste. Coco Chanel est l’idole du moment. À l’ère de l’innovation, elle a réussi à créer son propre style et à le faire aimer au monde entier. La mode des petites robes noires, des costumes en tweed et en jersey et des parfums explose : Chanel n° 5 est né.

La mode des années 30

La mode des années 30 est une mode intelligente. Les femmes préféraient coudre elles-mêmes, en suivant des modèles, des magazines et des catalogues. Le confort prévaut sur l’élégance et les femmes… portent des pantalons ! Dans les époques précédentes, cela aurait été inacceptable. Mais dans les années 30, les jeans, le style country, la taille haute marquée par une ceinture, les grands cols et le tartan sont arrivés ! Au même moment, le marché lance les fibres synthétiques : le nylon arrive et avec lui les collants. Enfin, les femmes mettent également leurs formes en valeur dans des robes de soirée qui enveloppent le corps et s’ouvrent sur des décolletés sensuels dans le dos. En ce qui concerne le maquillage, une grande importance est accordée aux lèvres avec du rouge à lèvres rouge. Et les cils ? Plus noir que jamais !

Mode des années 40

Les années 40 ont vu la naissance du bikini. Commençons par là. Parce que ce costume est né pour économiser du tissu. Le gouvernement a dû rationner les matériaux qui étaient principalement utilisés pour fabriquer les uniformes des soldats au front. Et ainsi la femme découvre encore plus son corps. Les jupes sont devenues plus courtes et les jambes plus importantes. Ceux qui ne pouvaient pas s’offrir les bas en nylon tant appréciés dessinaient une longue ligne noire au milieu de leurs jambes, dans le dos. A quoi cela vous fait-il penser ? Les pin-ups sont nées. Des corps galbés, de la lingerie souvent en vue, mais la sensualité est naturelle, ironique. Jupes amples, tailles étroites, ballerines. Des pois. Des pois. Des pois ! Frange super courte, vagues, cheveux longs. Oeil de chat, rouge à lèvres rouge, peau parfaite. Et non des moindres, les gestes : il arrive, par exemple, que le vent soulève la jupe d’une pin up, ou qu’un hameçon enlève le bikini ! Au même moment, en Italie, l’atelier de la Sorelle Fontana voit le jour. Leurs vêtements ont traversé les frontières italiennes, portant notre mode au sommet. Les sœurs Fontana ont habillé de nombreuses actrices d’Hollywood, dont Audrey Hepburn, Grace Kelly et Liz Taylor.

La mode des années 50

Aussi belle et triste que Marilyn. Son image est désormais une icône des années 1950. Si populaire qu’elle risque de détourner l’attention de ce qui était sa véritable contribution à la mode. Marilyn Monroe est une véritable influenceuse de la mode des années 50. Avec ses tenues quotidiennes, elle influence la façon dont les femmes s’habillent. Jeans taille haute, chemises blanches, manteaux camel avec ceintures. Et comment oublier la robe plissée en lamé or pour “Les hommes préfèrent les blondes” ou la robe transparente, décorée de perles, qui semble avoir été cousue sur elle sur le tournage du film. L’eyeliner est infaillible. Ainsi que le grain de beauté dessiné sur le visage. La peau est parfaite et hydratée, grâce aux nouvelles crèmes pour le visage dont tout le monde raffole !

La mode des années 60

Minijupe, posture désordonnée, cils uniques, oui, nous parlons bien de Twiggy. La mode des années 60 suit son look. Surtout quand elle a lancé la nouvelle et scandaleuse Minijupe. Ses jambes longues et fines ont bouleversé les canons de la mode, lançant de nouvelles tendances et conquérant les couvertures de Elle et Vogue. Pendant ce temps, alors que Twiggy conquiert les podiums du monde entier, de l’autre côté, les hippies, les enfants-fleurs, sont nés. Et il y avait beaucoup de fleurs sur leurs robes fleuries : une éruption de couleurs, des robes larges et légères, des motifs psychédéliques, des imprimés floraux et des chaussures compensées hautes. Les armoires sentaient la liberté.

Mode des années 70

Sexe, drogue et rock’n’roll. Une époque de glamour, de rock stars légendaires, de paillettes et de musique disco. Des stars comme David Bowie ont joué avec l’identité sexuelle, redéfinissant les frontières entre homme et femme. L’utilisation de jeans et de baskets, de salopettes et de combinaisons non mixtes sont autant d’inventions de cette époque. Excès, tenues pailletées, maxi longueurs. Les combinaisons de style disco, flashy et moulantes avec leurs couleurs acidulées, se sont fait remarquer. Robes linéaires, unisexes, avec blazers, pantalons palazzo. Turbans, bottes hautes, vestes en fourrure. Jupes complètes, à volants, ethniques. Et la maxi robe, le vêtement emblématique de cette décennie.

Mode des années 80

Les années passent et la société change. Nous sommes arrivés au boom économique, aux modèles d’une société parfaite et conservatrice. Mais c’est précisément l’époque où les jeunes expriment pleinement leur malaise. À Londres, le punk est né, un non-mouvement qui rejette tout et tout le monde. Naissance de l'”esthétique du laid”. Colère, désir de protester. Les jeunes portent des vêtements sales, inconvenants, maltraités, qui rappellent les uniformes des ouvriers d’usine, et ensemble, ils assortissent vestes et cravates qui font référence aux vêtements de la bourgeoisie. En parallèle, la tenue vestimentaire du patineur acquiert de l’importance. Le streetwear apparaît dans la banlieue de New York. La culture du hip-hop, des jeans baggy, des sweat-shirts trop grands et des chaussures Converse est née.

Mode des années 90

Entre les Top Models, les podiums, le style des paninari et les grands noms de la mode italienne, les années 90 arrivent. Entre Spice Girl et Backstreet Boys, les bombers, les Dr. Martens, les vestes en cuir, les chemises à carreaux et le faux style grunge débraillé sont nés. Les chemises courtes dévoilent le nombril, les tours de cou et les tenues entièrement en jean sont portés par des stars comme Britney Spears ou Christina Aguilera. Et avec le style Chunky sont apparues les chaussures Buffalo tant appréciées, qui aujourd’hui, en 2000, sont de nouveau en vogue chez les filles. Avec des mannequins élégants comme Kate Moss, la logo-mania de Christian Dior et Dolce et Gabbana, les années 90 ont vu la naissance du style Raver exagéré. Une sous-culture de jeunes qui a débuté au Royaume-Uni et en France, puis s’est étendue au reste du continent. Des pantalons larges et tombants, des t-shirts oversize, des survêtements aux couleurs irisées, des chaussures à plateforme et beaucoup, beaucoup de piercings. Les premiers Cyber, des humains en symbiose avec la technologie, commencent à se rapprocher, avec le premier Cyber Dread, les bâtons lumineux phosphorescents, l’utilisation du PVC. De nouvelles marques célèbres comme Cyberdog, PlastikWrap, Spacetrip apparaissent.

La mode des années 2000

L’icône des années 2000 pour tous les adolescents est sans aucun doute Paris Hilton. Et si vous mentionnez Paris, vous ne pouvez vous empêcher de penser à une couleur : le rose. Combinaison rose à taille très basse, top micro, lunettes Carrera et sac Pinko. Ceinture bijou D&G, chaussures compensées très hautes et Bucket Hat, connu par beaucoup comme le chapeau du pêcheur. Les survêtements sont portés par tout le monde, surtout ceux d’Adidas. Des modèles en acétate, à ceux en coton, évasés, avec des boutons latéraux. Le survêtement devient le nouveau Must Have du moment. Ces dernières années, à côté des Dr. Martens, des chaussures compensées et des baskets, les Sabots, les fameuses chaussures à talon ouvert, sont très populaires. Le tartan est également de retour, donnant aux tenues les plus formelles une touche dandy.

La mode des années 2010

Notre voyage dans le temps se termine en 2010 et la mode n’a jamais autant changé en 10 ans. Voici ce qui s’est passé : il a été compris que les grandes marques existeront toujours, grâce à la diversification de la consommation. Nous ne sommes pas arriver à l’augmentation mammaire par hasard. Il n’y a presque rien de nouveau, la mode d’aujourd’hui est un mélange de 100 ans de tendances. La liberté de pensée de nos années se reflète dans les nombreux styles que chacun d’entre nous possède. Un jour vous portez des sweats, le lendemain une robe et des collants. Le matin, une veste de bombardier et des baskets, le soir, un manteau et des escarpins. Chacun s’habille comme il veut, et c’est là toute la beauté de la chose.

Au cours du XIXe siècle, comme dans les périodes précédentes, les enfants seront comme les adultes, leur miroir et leur version miniature, suivant parfaitement leurs styles et leurs modes. Les changements qui se sont produits, notamment dans l’habillement féminin, étaient dus non seulement à des changements évidents de goût, mais aussi à des raisons idéologiques (les mouvements d’émancipation des femmes) et hygiénico-sanitaires (comme l’abandon du buste, étroit et malsain). Des changements importants ont également eu lieu dans le domaine de la production de tissus, avec l’utilisation de moyens permettant de réduire la main-d’œuvre, de nouveaux métiers à tisser, la machine à coudre et avec le déplacement donc de la production de la couturière à domicile vers l’artisan qui travaille dans son propre atelier, puis vers la possibilité de trouver des vêtements prêts à l’emploi, prêt-à-porter et sur mesure qui peuvent être achetés dans les grands magasins et les magasins de détail.

Vêtements pour femmes : évolution

Dans toute l’Europe, tout au long du XIXe siècle, les vêtements féminins sont liés à la mode française. La première période que l’on rencontre au XIXe siècle dans le domaine de la mode est le style Empire (1800-1820). Il s’agit de la dernière phase de l’évolution du style précédent, appelé Louis XVI ou néoclassique, au cours duquel il y a eu une grande redécouverte de l’art égyptien, étrusque, grec et romain. Au début du XIXe siècle, des fouilles ont été entreprises à Pompéi, ce qui a contribué au développement de la passion pour l’art classique et pour les civilisations de la Grèce et de la Rome antiques, si bien que les Françaises ont demandé des vêtements dans le style de ces civilisations. De la statuaire de la Grèce et de la Rome antiques, on a tiré la non-utilisation des couleurs et la forme des vêtements, qui se traduisait pour les femmes par une robe longue appelée grecque, thessalienne ou hellénique. Faite de tissu fin, elle pouvait souvent être humidifiée pour être plus adhérente au corps ; à manches courtes et larges ou coupées et arrêtées sur l’épaule par une fibule (comme dans le cas du chiton grec), la robe était arrêtée sous la poitrine par un ruban ou un cordon noué dans le dos, avec des décolletés larges et profonds qui montraient la poitrine plus qu’ils ne la cachaient. La jupe était longue jusqu’aux pieds, fluctuait à chaque pas de la femme, dans le dos avait une traîne qui était recueillie par l’avant-bras. Les chaussures et les coiffures étaient également empruntées à l’Antiquité classique : sandales ouvertes retenues uniquement par des lacets noués à mi-mollet, appelées “style esclave”, et cheveux rassemblés par un ruban et retenus sur la nuque par un nœud souple.

L’abandon de la langue classique et donc du style Empire, au profit d’une langue romantique, a lieu entre 1820 et 1822. Les robes de la PÉRIODE ROMANTIQUE (1820-1845) ont commencé à devenir plus compliquées et les caractéristiques qu’elles présentaient ont été données par : la taille descendant progressivement jusqu’au point naturel ; manches bouffantes ou ballons, c’est-à-dire bouffantes et volumineuses juste en dessous de l’attache ; corsage de la robe détaché de la jupe (donc indépendant se terminant en pointe à l’avant, étroit et adhérent au buste de la femme) ; utilisation de corsets pour modeler et affiner la taille (qui, à cette époque, est très étroite et soulignée par l’utilisation combinée de la jupe gonflée et des manches larges) ; jupe gonflée par l’utilisation de la crinoline (longue jusqu’au sol avec un développement en cloche, large dans le bas).
Au départ, pour gonfler les jupes, on utilisait plusieurs couches de tissu qui formaient divers jupons : ils ont rapidement été abandonnés car ils alourdissaient la silhouette et rendaient les mouvements de la dame difficiles. Les jupons ont donc été remplacés par le premier type de crinoline : un jupon simple auquel on épinglait du crin et de la paille. Elle a été suivie par la crinoline constituée d’arceaux métalliques légers et indépendants, afin que les femmes puissent la soulever pour surmonter les obstacles rencontrés au cours du voyage. Enfin, le Français Delirac fait breveter un modèle de crinoline en acier qui, d’un clic, fait se rétracter le volume de la jupe, facilitant ainsi le passage des portes pour les dames. Mais la crinoline présentait aussi des inconvénients car : 1. sa légèreté pouvait la faire basculer en cas de bourrasque ; 2. elle ne permettait pas à deux femmes de franchir un seuil ou de prendre place sur le même canapé en même temps ; 3. elle rendait la femme physiquement inaccessible à l’homme qui ne pouvait l’embrasser.

La crinoline a été fortement critiquée par les hommes qui ont tenté d’en décourager l’usage, notamment grâce à la presse. De nombreux journaux ont publié des informations selon lesquelles plusieurs femmes avaient été arrêtées et jugées parce qu’une grande quantité de biens volés avait été découverte sous leurs jupes. Les maris et les pères étaient donc invités à éviter que leurs femmes et leurs filles portent cet accessoire, pour éviter qu’elles ne soient montrées du doigt en marchant, parce qu’elles sont considérées comme des voleuses à l’étalage, ou qu’elles puissent tomber dans la tentation pendant leurs achats. La ligne féminine était appelée “sablier” car la combinaison des manches ballon et de la jupe bouffante, du buste étroit et de la taille fine, donnait l’impression que la silhouette était divisée en deux parties distinctes.

La période qui suit le Romantisme est la NOUVELLE ROCOCÒ (1845-1865), elle voit un processus d’involution rapide de la crinoline qui, après le succès obtenu dans la période romantique, après 1860 conduit à sa transformation. La forme originale de la crinoline a été transformée : la largeur des hanches s’est déplacée vers l’arrière de la silhouette. Le volume et le drapé de l’arrière de la jupe étaient ensuite soutenus par la tournure, qui consistait d’abord en un coussinet de crin, puis en un volant de toile amidonnée, puis en une série d’anneaux en forme de fer à cheval.

À cette époque, les jupes deviennent plates sur le devant, avec un cordon de tissu qui descend de la taille et qui sert à relever le devant pour éviter que la femme ne trébuche en marchant ; elles restent toujours strictement longues jusqu’aux pieds, la largeur du bas est maintenue et l’ourlet est souligné par l’application de volants de tissu. À l’arrière est apparu le train qui est une longue queue qui adhérant au sol a recueilli la saleté de manière à mériter la définition ironique de “collecteur d’ordures”. Compte tenu de la difficulté de nettoyer cette partie de la robe, l’extrémité de la jupe, en contact avec le sol, comportait généralement une bande de tissu noir qui servait à rendre moins visible la saleté accumulée.

Avec le déclin de la crinoline dans la seconde moitié du XIXe siècle, la veste a commencé à connaître un grand succès, dans le type court boléro ou long jusqu’aux hanches. Toujours près du buste et serré à la taille, il était maintenu strictement fermé par une longue série de boutons et par un haut col droit car les femmes ne pouvaient pas montrer la nudité du cou, de la poitrine ou des épaules. Avec la veste, le chemisier était un vêtement très réussi, caractérisé par l’application de jabots, de volants et de froufrous dans la partie antérieure, en correspondance de la poitrine, car il devait cacher la minceur du buste féminin et rendre cette partie du corps volumineuse.

Dans les vingt dernières années du XIXe siècle, un nouveau type de robe est apparu, appelé “robe masculine”. Il se composait d’une jupe longue et ajustée, froncée à l’arrière par un pli, serrée à la taille par une ceinture haute et d’un boléro court ouvert sur le devant. Il était toujours assorti d’un chemisier vaporeux, à col haut et plein de dentelle. En Italie, vers 1888, la “robe masculine” était appelée tailleur. Cette appellation a été choisie parce que ce vêtement devait être confectionné exclusivement par un tailleur pour hommes, appelé en français “tailleur”, pour le distinguer de la couturière pour femmes appelée “couturière”. La veste de costume était une référence claire à la mode masculine, elle proposait une coupe rigoureuse et sobre et c’est la raison pour laquelle on avait recours au tailleur pour hommes, un expert en couture de vêtements masculins. Malgré son nom français, le costume est originaire d’Angleterre et le modèle s’est répandu en France. En une décennie, le costume a été rejoint par une variante appelée costume avec veste, c’est-à-dire une robe complète accompagnée d’un boléro.

Avec le vingtième siècle, les vêtements quotidiens des femmes sont devenus moins extravagants, plus rationnels et plus simples. La femme de cette période avait une ligne sinueuse en “S” qui se caractérisait par une poitrine sortie, un ventre rentré et une taille très fine. La tenue commune reste le costume qui, parfois, pour être plus fidèle à la mode masculine, combine l’utilisation du gilet et d’une élégante cravate nouée qui ferme le col de la blouse. Les robes du soir continuent d’être riches en décorations et applications de perles, de paillettes et de pierres précieuses, réalisées dans des tissus riches et élaborés, avec de larges décolletés et des épaules dénudées. La conséquence de la Première Guerre mondiale a été l’emploi des femmes dans le monde du travail, qui sont allées occuper dans les usines et les bureaux les places laissées vides par leurs maris engagés au front. D’où le besoin de vêtements adaptés à ce nouveau rôle : les jupes ont été progressivement raccourcies pour laisser apparaître les chevilles et les mollets, elles ont été élargies et les femmes ont souvent aimé porter des pulls tricotés ou crochetés, pratiques et doux. Mais avec la Première Guerre mondiale, les vêtements sont également plus simples et plus stricts, presque sans ornementation.

Vêtements pour hommes : évolution

Au XIXe siècle, la façon de s’habiller de l’homme, protagoniste de la vie quotidienne, est devenue de plus en plus pratique, reflétant sa condition ; les vêtements sont devenus de plus en plus “sérieux” dans les tissus et les couleurs, donnant lieu à des vêtements plus simplifiés et plus sévères que ceux qui avaient caractérisé le XVIIIe siècle. Les éléments qui caractérisaient les vêtements masculins dans les années 1800 étaient : la chemise, la cravate, le gilet, la veste et le pantalon. Au début du XIXe siècle, la chemise est ornée, comme au XVIIIe siècle, du jabot, c’est-à-dire d’un volant de dentelle enrichi de très petits plis “comme du papier à musique” qui embellit toute la poitrine à partir du cou.

Avec la disparition progressive du jabot, les chemises sont fermées au col par une cravate qui consistait initialement en une longue bande de lin blanc que l’on nouait sur le devant après l’avoir enroulée autour du cou. Le nœud de cravate a connu une évolution au cours du XIXe siècle qui l’a amené progressivement vers des formes plus proches des formes actuelles. À l’époque romantique, le nœud de cravate est tenu en haute estime : savoir nouer correctement cet accessoire est considéré comme un véritable art, à tel point qu’en 1828, un texte est publié, intitulé L’arte di knottare la cravatta. Dans ce volume sont enseignées trente-deux façons différentes de nouer une cravate, accompagnées d’illustrations. Le nœud était d’une telle importance que dès qu’un homme entrait dans un club, les yeux étaient fixés exclusivement sur la cravate, dont le nœud était soigneusement examiné et éventuellement critiqué : de lui dépendait même l’admission ou l’exclusion du club.

Après une brève réapparition de la culotte aux genoux, qui survit encore pendant une certaine période, on passe d’abord à la culotte longue serrée aux chevilles, maintenue serrée grâce à la présence d’étriers qui passent sous la semelle des chaussures, puis on la remplace par la culotte tubulaire. Le gilet est un autre élément caractéristique du vêtement masculin tout au long du XIXe siècle, récupéré après l’intermède de la Révolution française, qui l’avait abandonné. À l’origine, il était fait d’étoffes précieuses comme le damas ou le brocart, puis il est devenu blanc et enfin, à la fin du siècle, fait du même tissu que la veste et le pantalon, pour être assorti à ceux-ci. Loin des problèmes de Liposuccion ! Une grande importance était accordée aux accessoires : la montre à gousset, le chapeau et la canne. Ces objets, comme les vêtements, ont subi une évolution au cours du XIXe siècle qui les a amenés progressivement vers des formes plus proches de celles d’aujourd’hui.

La montre à gousset était un objet incontournable pour un homme du XIXe siècle, symbole d’élégance, elle était portée dans la poche du gilet et fixée par une chaîne insérée dans la première boutonnière de ce dernier. Pour les riches, la montre de poche était en or, tandis que pour les moins riches, elle était en argent. Au début du XIXe siècle, le chapeau s’inspire du bicorne ou du chapeau de “style napoléonien” en usage au XVIIIe siècle. Il a ensuite été remplacé par le prédécesseur du cylindre, avec un corps effilé vers le dôme, puis par le cylindre actuel. Dans les années 1930, le Français Gibus a inventé un cylindre avec des ressorts à l’intérieur qui permettaient de l’écraser et de le porter facilement sous le bras ; dans les années 1960 en Italie, un chapelier, inspiré par un fait divers, a créé la Lobbia. Ce chapeau avait un pli en correspondance du dôme et reprenait la forme du chapeau porté par le député Cristiano Lobbia qui, à l’issue d’une agression subie, s’est retrouvé avec le chapeau écrasé au sommet. A la fin du siècle apparaît la paglietta en Italien, c’est-à-dire le chapeau de paille et avec le nouveau siècle il y a l’abandon des chapeaux qui tombent en désuétude.

La canne est apparue après la première décennie du dix-neuvième siècle parce que, dans un premier temps, on a repris l’habitude du dix-huitième siècle de porter une épée, utilisée non seulement comme accessoire mais aussi comme outil défensif. Par la suite, la rapière a été dissimulée à l’intérieur de la canne des “bâtons animés”, les premiers bâtons de marche qui sont devenus le nouvel et inséparable accessoire de l’homme. Plus tard, les cannes étaient fabriquées en bois précieux, les poignées étaient ciselées et faites d’or, d’argent ou de pierres précieuses. Au vingtième siècle, les vêtements pour hommes n’ont pratiquement pas changé ; la mode est toujours liée à l’Angleterre et les vêtements fondamentaux restent la veste, le pantalon, le gilet et la cravate. Comme par le passé, une grande importance était accordée aux accessoires : la cravate pouvait être nouée comme un papillon, comme aujourd’hui, et attachée avec une épingle. En 1900, les pantalons se caractérisent par le revers de l’ourlet, une caractéristique empruntée à la mode anglaise. Cette coutume est née après un épisode banal : le roi d’Angleterre de l’époque, Édouard VII, présent sur un terrain de chasse boueux, a retroussé l’ourlet de son pantalon pour éviter de le salir. En peu de temps, les hommes anglais ont utilisé cette astuce de sorte que les tailleurs ont fabriqué des pantalons de cette manière.